- Réglementation en matière de dépollution environnementale : obligations et responsabilités
- Quand le défaut de dépollution environnementale devient un délit d’omission
- Le rôle de l'administration publique dans l'assainissement de l'environnement
- Infractions pénales pour défaut de nettoyage: ce que prévoit la loi
- Responsabilité des entrepreneurs en cas de sites contaminés
- Comment prévenir les risques criminels dans les opérations de nettoyage environnemental des entreprises
- Défaut de nettoyage et responsabilité administrative de l'entité conformément au décret législatif 231/2001
- Meilleures pratiques et stratégies de conformité pour les entreprises et les services juridiques
Défaut d'assainissement de l'environnement et responsabilité pénale: ce que les entrepreneurs et les services juridiques des entreprises doivent savoir sur les obligations, les risques et le rôle de l'administration publique
par Marco Arezio
En matière de réhabilitation environnementale, les enjeux ne se limitent pas à la protection de l'environnement, mais impliquent également d'importants aspects de responsabilité juridique, avec des répercussions pénales potentielles pour les opérateurs privés comme pour les représentants de l'administration publique. La question de l'échec de la réhabilitation environnementale, ou de l'absence d'interventions de réhabilitation sur les sites contaminés, est aujourd'hui plus que jamais centrale en droit environnemental italien et dans l'activité des cabinets juridiques d'entreprise.
La question cruciale est la suivante: le défaut de nettoyage peut-il constituer un délit d’omission? Et dans quels cas les parties impliquées peuvent-elles être tenues responsables?
Le cadre réglementaire de référence
La réglementation de l'assainissement environnemental en Italie repose sur le décret législatif 152/2006 (dit «Code de l'environnement»), qui établit les obligations et les procédures de gestion des sites contaminés. Plus précisément, la partie IV, titre V, du décret établit les principes de responsabilité, les modalités d'intervention et le rôle des administrations publiques et privées. Le principe fondamental est celui du « pollueur-payeur », selon lequel le responsable de la pollution est tenu de mettre en œuvre les opérations de sécurité, d'assainissement et de restauration environnementale.
Toutefois, la législation ne se limite pas à un profil civil ou administratif. En cas d'omission, c'est-à-dire de manquement aux obligations de réparation, une infraction pénale peut être constatée: c'est là l'objet des récents développements jurisprudentiels.
Lorsque le défaut de nettoyage constitue un délit d’omission
La Loi consolidée sur l'environnement prévoit des sanctions administratives et, dans certains cas, des sanctions pénales pour les personnes ne respectant pas les obligations de remise en état. En particulier, les situations suivantes peuvent se produire:
- L'infraction prévue à l'article 452-terdecies du Code pénal (introduit par la loi 68/2015) punit «quiconque ne prend pas les mesures d'assainissement, de restauration ou de sécurité d'urgence sur les sites contaminés», si elles sont prescrites par l'autorité compétente. La peine prévue est une peine d'emprisonnement d'un à quatre ans.
- Le délit d'omission de devoirs officiels (art. 328 du Code pénal) en cas d'inertie négligente ou volontaire de l'Administration publique dans l'exigence de l'accomplissement ou dans l'exercice de pouvoirs de substitution.
Pour qu'une infraction pénale soit commise, certains éléments essentiels doivent être réunis :
- Obligation légale d’agir: il doit exister une obligation réglementaire ou administrative spécifique (par exemple, une ordonnance ou une disposition prescriptive).
- Omission: la partie obligée n’exécute pas les activités d’assainissement ou de sécurité.
- Evénement de danger ou de dommage: le défaut d'assainissement doit entraîner un danger concret ou une aggravation de la situation de risque environnemental.
La jurisprudence (Cass. Pen., Sez. III, sentence n° 18454/2022) a précisé que la seule inertie, en présence d'une obligation de nettoyage formellement imposée, suffit à intégrer l'infraction pénale, même si la situation dangereuse existait déjà auparavant.
Le rôle de l'administration publique
Le secteur privé n'est pas le seul à devoir répondre de l'absence de nettoyage.
L'administration publique joue un rôle de supervision et d'impulsion dans les procédures de nettoyage. En cas d'inertie, elle peut répondre aussi bien dans le cadre de procédures administratives que, dans les cas les plus graves, dans le cadre de procédures pénales.Pouvoirs de substitution: Si le particulier ne se conforme pas, l'organisme public a le devoir d'activer les pouvoirs de substitution, en faisant exécuter d'office les travaux de remise en état et en récupérant ensuite les coûts auprès des responsables.
Responsabilité pénale des fonctionnaires: En cas de défaut d'engagement de poursuites, les fonctionnaires peuvent être tenus responsables du délit de manquement aux obligations officielles (art. 328 du Code pénal), notamment lorsque le retard ou le défaut d'exécution a aggravé le risque pour la santé publique ou l'environnement.
Opérateurs privés: obligations et stratégies de conformité
Pour les entrepreneurs et les entreprises, l'absence de nettoyage représente un risque non seulement administratif et réputationnel, mais aussi pénal. Voici quelques aspects fondamentaux que les services juridiques des entreprises doivent surveiller en permanence :
- Surveiller l'état des sites: La cartographie et la surveillance constante des sites de l'entreprise, avec attention aux éventuelles pollutions, constituent la première mesure de prévention.
- Réponse rapide aux prescriptions: En présence d'ordonnances ou de mesures prescriptives, il est indispensable de lancer immédiatement les procédures d'assainissement, en impliquant des experts et des entreprises spécialisées.
- Communication transparente avec l'AP: La documentation des activités réalisées et la collaboration avec les organismes publics sont des éléments utiles tant dans la phase préventive qu'en cas de litige.
- Evaluation des responsabilités «historiques»: Les entreprises reprennent souvent la gestion de sites déjà contaminés : il est donc crucial de reconstituer la « chaîne de responsabilités » et, lorsque cela est possible, d’obtenir des quittances ou des transactions avec les anciens propriétaires/responsables.
Responsabilité administrative de l'entité (décret législatif 231/2001)
Outre la responsabilité personnelle, il convient de rappeler que le défaut de nettoyage peut également exposer l'entreprise aux sanctions prévues par le décret législatif 231/2001 relatif à la responsabilité administrative des personnes morales, si l'infraction a été commise dans l'intérêt ou à l'avantage de l'entreprise. Il est donc essentiel d'adopter des modèles organisationnels 231 efficaces, incluant des procédures de gestion environnementale et des plans d'intervention d'urgence.
Conclusions: prévention, contrôle et meilleures pratiques
Dans un contexte de sensibilisation environnementale croissante et de durcissement du cadre réglementaire, les entreprises et leurs services juridiques doivent adopter une approche proactive de la gestion des mesures de remédiation. Cela implique non seulement de respecter les obligations réglementaires, mais aussi de bâtir une solide culture d'entreprise en matière de conformité environnementale. L'absence de mesures de remédiation peut avoir de graves conséquences : la meilleure protection réside dans la prévention, la transparence et l'adoption de pratiques de gestion environnementale certifiées.
Un investissement dans le contrôle, la formation et la responsabilité partagée constitue aujourd’hui le meilleur antidote contre les risques pénaux, administratifs et de réputation découlant d’une gestion superficielle ou par omission de l’assainissement de l’environnement.
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