Dans le douzième chapitre, Elena a repris sa routine à Pavie, mais la tranquillité de la ville cache une tempête intérieure qui ne montre aucun signe d'apaisement. Alors que le soir tombe et que le coucher du soleil baigne la ville d'une lumière mélancolique, la protagoniste se retrouve tiraillée entre son désir de normalité et le sentiment que quelque chose d'immense et de sombre est sur le point de submerger sa vie. Une conversation téléphonique avec Matteo la réconforte, mais ne suffit pas à dissiper ses doutes : peut-elle vraiment se confier à lui ? A-t-elle le droit d'impliquer l'être aimé dans les mystères qui l'entourent ?
Pendant ce temps, les médias font état d'une crise sans précédent dans le système psychiatrique italien, annonçant une augmentation soudaine et inquiétante des admissions. Un appel téléphonique inattendu bouleverse le cours de ses journées : Elena est rappelée d'urgence à l'hôpital, alors qu'elle envisage une décision qui pourrait tout changer. Déchirée entre le sens du devoir et le besoin de réponses, Elena réalise que la frontière entre le réel et l'inexplicable est de plus en plus floue. Au cours d'une nuit blanche, entre rêves d'évasion et peur de l'inconnu, Elena réalise que sa quête est loin d'être terminée et que le choix qui l'attend est peut-être le plus difficile de sa vie.
Entre couchers de soleil silencieux, crises nationales et appel d'un monde parallèle, Elena se retrouve face au choix le plus difficile de sa vie, suspendue entre le devoir, la vérité et la peur de franchir la frontière de l'inconnu
Histoires. Les Mystères d'Oltrecolle. Chapitre 12: Ombres sur Pavie
Ce soir-là, le ciel de Pavie s'illumina d'une douce lumière rasante. Le coucher de soleil projetait des reflets dorés sur les tuiles, le stuc et les corniches des vieilles maisons, et la ville semblait enveloppée d'un voile de silence mélancolique. Elena, d'un geste calme, arrosait les fleurs de son petit balcon surplombant le Tessin, parmi les géraniums rouges et les violettes, absorbant avidement la fraîcheur du soir. L'odeur de la terre humide se mêlait à celle des feuilles, tandis qu'une brise légère caressait les rideaux de lin, les faisant onduler doucement vers la pièce faiblement éclairée. Elle entendait la vie du quartier s'écouler en arrière-plan : les voix étouffées des voisins, le bruit des pas dans la rue, quelques rires lointains. C'était le bruit quotidien qui lui procurait un sentiment de sécurité, mais ce soir-là, tout lui semblait lointain, comme si une vitre s'était dessinée entre elle et le reste du monde.
La sonnerie du téléphone rompit le silence, vibrant dans l'air suspendu du soir. Le nom de Matteo apparut sur l'écran et, sans s'en rendre compte, Elena sourit, un sourire léger, légèrement mélancolique, qui illumina son visage.
Elle décrocha le téléphone et s'appuya contre la rambarde, laissant son regard dériver vers le parapet, où le soleil disparaissait lentement derrière les silhouettes bleutées des collines lointaines.« Salut Elena… Es-tu déjà devenue une citoyenne modèle, ou penses-tu encore à nos montagnes ? » La voix de Matteo, pleine de son ironie affectueuse habituelle, lui parvint à l'oreille comme une étreinte, faisant écho aux jours passés ensemble.
Elena baissa les yeux, retenant un sourire. « En fait, j'ai l'impression d'avoir laissé la moitié de moi-même là-haut. Les sommets me manquent… Tu me manques », dit-elle d'une voix plus douce et plus sincère qu'elle n'aurait voulu l'admettre. Son cœur s'emballa aussitôt à cet aveu soudain.....
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