Dans le premier chapitre, la jeune psychiatre Elena Fermi arrive à l'asile abandonné d'Oltrecolle, un bâtiment plongé dans une atmosphère sombre et délabrée qui semble receler des mystères non résolus. La structure, marquée par le temps et la légende, se présente comme un lieu où le passé semble encore vivant au milieu des ombres et des murmures du vent. Accueillie par le gardien silencieux, Elena est escortée jusqu'à la bibliothèque, où l'attendent les journaux d'un psychiatre célèbre et controversé, le Dr Fausto Morandi. Le chapitre se concentre sur les premières impressions d'Elena, le malaise qui l'enveloppe et les questions sans réponse concernant les origines du mal et de la folie. Au milieu d'influences gothiques et d'une atmosphère suspendue, la protagoniste se prépare à un voyage psychologique et humain dans les profondeurs de l'asile et dans l'esprit de son habitant le plus énigmatique.
L'arrivée d'Elena Fermi à Oltrecolle: atmosphères gothiques, énigmes psychologiques et l'attrait sombre des journaux du Dr Morandi.
Les flèches gothiques de l'asile d'Oltrecolle se détachaient sur le ciel plombé, tels des doigts squelettiques agrippant un firmament chargé de présages. C'était un bâtiment d'un autre temps, construit entre deux siècles tourmentés et oublié aux abords de la ville, sur les collines où les forêts de hêtres et de chênes s'éclaircissent, laissant place à des rochers à nu et au lierre sauvage. Le vent de la vallée, froid et mordant même en été, charriait les échos de cris anciens, de voix indistinctes et une douleur qui semblait gravée dans la pierre même des murs.
Une route cahoteuse, couverte de gravier et de mousse verte, montait en spirale à travers des champs abandonnés et des rangées d'arbres tordus. Elena Fermi, emmitouflée dans son manteau de laine rugueuse, sentait son souffle glacé se glisser entre les plis de ses vêtements et s'infiltrer sous sa peau. Ses yeux sombres, habituellement mobiles et interrogateurs, semblaient maintenant refléter toute la désolation et la solennité du lieu.
Chaque pas sur le gravier résonnait comme une question irrésolue. De temps à autre, elle se retournait, comme si elle craignait que quelqu'un – ou quelque chose – ne la suive depuis l'ombre des bois.Ce n'était pas la première fois qu'elle visitait un établissement psychiatrique: elle avait visité d'autres asiles abandonnés, des centres modernes et des services hospitaliers silencieux, mais aucun ne semblait imprégné d'une histoire presque physiquement oppressante comme Oltrecolle. Étudiante, elle avait lu des histoires sur ce lieu dans des manuels d'histoire de la médecine, et en particulier sur la figure énigmatique du Dr Fausto Morandi: un homme à la fois célébré et craint, dont l'histoire était devenue le sujet de légendes murmurées dans les couloirs de l'université.
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